Un jalon législatif pour la régulation de la robotique
La Chambre des représentants des États-Unis a adopté la loi sur l'autorisation de la défense nationale (NDAA) pour l'exercice fiscal 2027, qui inclut la section 163 — une disposition interdisant au Pentagone d'acheter, de louer ou d'exploiter des systèmes robotiques à forme humaine couverts associés à ce pays asiatique, à la Russie et à l'Iran. Cette mesure représente l'une des premières restrictions fédérales concrètes ciblant spécifiquement les robots humanoïdes pour des raisons de sécurité.
Portée et justification
La section 163 ne s'applique qu'aux achats et à l'usage militaires, laissant pour l'instant intactes les ventes commerciales plus larges de robots chinois sur le marché américain. Les législateurs ont justifié la restriction par des préoccupations relatives à la vie privée des données, à l'intégrité de la chaîne d'approvisionnement et au risque que des systèmes autonomes fabriqués à l'étranger soient utilisés pour la surveillance ou le sabotage dans des environnements de défense sensibles.
La disposition reprend des éléments clés de la GUARD Act (Guarding the US Against Adversarial Robotics Dominance Act), présentée l'été dernier par le représentant John Moolenaar, président de la commission spéciale de la Chambre sur les questions chinoises. Toutefois, elle ne va pas aussi loin que les mesures les plus ambitieuses de la GUARD Act — notamment l'obligation pour la FCC d'évaluer les robots à forme humaine et quadrupèdes chinois en vue de leur inscription sur sa "Covered List", ce qui interdirait de facto leur vente commerciale en leur retirant leurs licences de communication sans fil.
Contexte industriel
Selon Counterpoint Research, environ 80 % des expéditions mondiales de robots à forme humaine l'année dernière provenaient de fabricants du pays asiatique. En comparaison, les principaux développeurs américains — dont Figure AI, Agility Robotics et Tesla — ont chacun expédié environ 150 unités en 2025.
Bien que la restriction se limite aux achats de défense, elle témoigne d'une tendance croissante à la surveillance réglementaire des systèmes d'IA incarnée dotés d'autonomie physique. Les analystes du secteur s'attendent à de nouvelles actions législatives et exécutives à mesure que les robots à forme humaine se multiplient dans les environnements industriels, logistiques et publics.
Prochaines étapes
La NDAA passe maintenant au Sénat, où des dispositions similaires devraient bénéficier d'un soutien bipartite. Une fois réconciliée et promulguée, la section 163 entrera en vigueur dans les 180 jours, le Pentagone devant établir des lignes directrices de mise en œuvre pour les contrats de systèmes robotiques existants et futurs.




