Euisun Chung, président exécutif de Hyundai Motor Group, est monté sur scène au San Francisco AI Summit le 25 juillet pour proclamer la transformation du groupe « au-delà des frontières traditionnelles de la construction automobile » en une entreprise de solutions Physical AI — avec une feuille de route qui va des véhicules et robots intelligents aux usines IA, et jusqu'à l'intelligence à l'échelle urbaine. L'événement a réuni environ 150 participants : dirigeants d'entreprises coréennes, cadres technologiques américains, startups et étudiants.
Des objets aux espaces, puis aux villes
Chung a décrit la Physical AI comme une progression à trois étages. Elle commence avec les objets intelligents — véhicules et robots augmentés par l'IA — s'étend aux espaces intelligents comme les AI Defined Factories, où l'IA intègre de façon autonome logistique, fabrication et gestion qualité, et culmine dans une intelligence intégrée à l'échelle de la ville, où énergie, mobilité et robotique sont connectées et optimisées en temps réel.
Le différenciateur du groupe, a plaidé Chung, est un volant de données : les données générées par les opérations industrielles, les véhicules, la logistique et les démonstrations robotiques améliorent en continu les modèles d'IA, dont les gains sont réappliqués aux opérations réelles. Le pilier robotique s'appuie sur Boston Dynamics — Spot, Stretch et l'humanoïde Atlas — ainsi que sur la plateforme MobED du Robotics LAB du groupe.
Plateforme de référence NVIDIA, Waymo, Google DeepMind
Le socle de partenariats est conséquent. Avec NVIDIA, Hyundai étend sa collaboration sur l'infrastructure Physical AI — sur la base d'un accord d'approvisionnement de 50 000 GPU Blackwell — et les deux groupes co-développeront une Robot Reference Platform fournissant un environnement matériel et logiciel standardisé aux universités, instituts et startups. Un Hyundai Motor Group Robot Application Center et des collaborations avec l'AI Technology Center de NVIDIA sont également en cours, aux côtés de travaux sur les jumeaux numériques d'usines et l'intégration de la conduite autonome.
Avec Waymo, le groupe produira des véhicules IONIQ 5 prêts pour l'autonomie dans sa Metaplant de Géorgie (HMGMA). Et le partenariat stratégique entre Boston Dynamics et Google DeepMind vise l'intelligence humanoïde de nouvelle génération, Atlas étant d'abord déployé dans les sites du groupe. Hyundai a également confirmé une usine de robots aux États-Unis d'une capacité annuelle pouvant atteindre 30 000 unités d'ici 2028.
Saemangeum AI Valley et un pari domestique de 42 000 milliards de wons
En Corée, le groupe développe la Saemangeum AI Valley dans la province du Jeonbuk — un investissement d'environ 9 000 milliards de wons (~6,2 milliards de dollars) couvrant centres de données IA, cluster de fabrication robotique, usines d'électrolyseurs et infrastructure de ville hydrogène. Fait notable, le cluster robotique fonctionnera en partie comme une fonderie de robots, offrant des services de fabrication aux PME dépourvues d'expertise industrielle. 42 000 milliards de wons supplémentaires financeront sur dix ans des pôles industriels avancés dans la région du Yeongnam.
Le message à l'industrie est clair : la course à la Physical AI n'est plus une affaire de startups. Un constructeur automobile mondial du top 3 organise désormais l'ensemble de son outil industriel, de sa robotique et de ses données autour de l'intelligence incarnée — et bâtit les plateformes de référence et les capacités de fonderie pour entraîner tout un écosystème.


